Glossaire du transport routier : 50 termes incontournables
Transport, logistique, affrètement : le vocabulaire du transport routier est dense, et les confusions sont fréquentes (PTAC ou PTRA ? commissionnaire ou transporteur ?). Ce glossaire du transport routier rassemble les termes essentiels, classés par thème, avec des définitions courtes, des exemples concrets et des schémas à télécharger. Il s’adresse aux étudiants en BTS, licence ou master logistique, ainsi qu’à toute personne qui découvre le secteur.
Sommaire : 1. Les acteurs · 2. Véhicules et matériel · 3. Types de transport · 4. Documents de transport · 5. Réglementation · 6. Incoterms · 7. Tarification et coûts · 8. Logistique et entrepôt · 9. Indicateurs de performance
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1. Les acteurs du transport
Chargeur : entreprise qui confie une marchandise à transporter (industriel, distributeur, e-commerçant). C’est le client du transporteur.
Expéditeur : personne qui remet la marchandise au transporteur au point de départ. Il peut être le chargeur ou son prestataire.
Destinataire : personne qui reçoit la marchandise. Il signe le bon de livraison et formule d’éventuelles réserves.
Transporteur : entreprise qui réalise matériellement le transport avec ses propres véhicules et conducteurs. Il est responsable de la marchandise entre l’enlèvement et la livraison.
Commissionnaire de transport : intermédiaire qui organise le transport en son nom et sous sa responsabilité, en faisant appel à des transporteurs. Il garantit le résultat vis-à-vis du client, contrairement au simple courtier.
Affréteur : personne qui loue un véhicule ou une capacité de transport pour acheminer des marchandises. L’affrètement désigne cette location de capacité.
Sous-traitant : transporteur auquel un autre transporteur confie tout ou partie d’un transport.
3PL (prestataire logistique) : third-party logistics, entreprise qui prend en charge pour un client tout ou partie de sa logistique : transport, stockage, préparation de commandes.
📐 Schéma suggéré : « Qui fait quoi ? », la chaîne chargeur → commissionnaire → transporteur → destinataire.
2. Véhicules et matériel
PTAC (poids total autorisé en charge) : poids maximal d’un véhicule chargé (véhicule, carburant, conducteur, marchandise), inscrit sur la carte grise. Un ensemble articulé standard est limité à 40 t en France, avec des régimes spécifiques jusqu’à 44 t selon la configuration.
PTRA (poids total roulant autorisé) : poids maximal de l’ensemble roulant, tracteur et remorque compris.
Tare : poids du véhicule à vide.
Charge utile : poids de marchandise que le véhicule peut transporter. Elle est égale au PTAC moins la tare.
Porteur : camion rigide dont la cabine et la caisse reposent sur le même châssis.
Ensemble articulé (tracteur + semi-remorque) : la semi-remorque repose en partie sur le tracteur par la sellette d’attelage. C’est la configuration la plus courante en longue distance.
Fourgon, bâché, plateau, benne, citerne, frigorifique : les principales carrosseries. Le bâché coulissant (tautliner) permet un chargement latéral ; le frigorifique maintient une température dirigée ; la citerne transporte liquides et poudres.
Hayon élévateur : plateforme à l’arrière du véhicule qui permet de charger et décharger sans quai, utile en livraison urbaine.
Palette Europe (EPAL) : palette standard de 80 × 120 cm. Un semi-remorque standard de 13,6 m en accueille 33. La palette 100 × 120 cm est un format courant dans l’industrie.
Mètre linéaire (ml ou LDM) : unité qui mesure l’espace occupé au plancher d’un véhicule. Elle sert à tarifer les chargements partiels volumineux ou non gerbables.
EVP / conteneur : l’EVP (équivalent vingt pieds) est l’unité de mesure des conteneurs maritimes. Un conteneur de 40 pieds équivaut à 2 EVP.
Caisse mobile : unité de chargement démontable, transférable entre route et rail dans le transport combiné.
📐 Schéma suggéré : vue de côté d’un ensemble articulé avec légende (tracteur, sellette, semi-remorque, essieux) et vue du dessus avec 33 palettes Europe.
3. Types de transport
Lot complet (FTL, Full Truck Load) : un véhicule dédié à un seul chargeur, de l’enlèvement à la livraison, sans rupture de charge. Adapté aux gros volumes.
Lot partiel : le chargement occupe une partie du véhicule et le reste est complété par d’autres envois.
Groupage (LTL, Less Than Truck Load) : regroupement de petits envois de plusieurs chargeurs dans un même véhicule. Le prix est calculé selon le poids, le volume ou les mètres linéaires.
Messagerie : transport de colis et de palettes de petit et moyen tonnage via un réseau d’agences et de plateformes de tri. Les délais sont standardisés.
Transport express : acheminement avec délai garanti (J+1, avant midi, etc.), souvent avec un véhicule dédié ou une prise en charge prioritaire.
Traction : transport entre deux plateformes (par exemple d’une agence à un hub), à distinguer de la distribution, qui désigne la livraison finale aux destinataires.
Tournée : circuit de livraison ou d’enlèvement regroupant plusieurs points sur une même journée.
Transport combiné : association de la route et d’un autre mode (rail, fluvial) avec un conteneur ou une caisse mobile. La route assure les parcours initial et terminal.
Cabotage : transport national réalisé dans un pays par un transporteur établi dans un autre pays. Il est encadré par le droit européen (voir section 5).
Dernier kilomètre : dernière étape de la livraison vers le destinataire final, en général la plus coûteuse et la plus complexe en zone urbaine.
4. Documents de transport
Lettre de voiture : contrat écrit entre l’expéditeur et le transporteur. Elle décrit la marchandise, les parties, les lieux d’enlèvement et de livraison. Elle est obligatoire pour les transports nationaux en France.
CMR : convention signée à Genève en 1956 qui régit le contrat de transport international de marchandises par route. Par extension, c’est le nom de la lettre de voiture internationale, établie en au moins trois exemplaires (expéditeur, destinataire, transporteur). Elle fixe aussi la responsabilité du transporteur.
Bon de livraison (BL) : document signé par le destinataire à la réception de la marchandise. Il prouve la livraison.
POD (Proof of Delivery) : preuve de livraison, papier ou numérique (signature électronique, photo), à conserver pour traiter d’éventuels litiges.
Réserves : mentions que le destinataire inscrit sur le bon de livraison en cas de manquant ou de dommage constaté. Elles doivent être précises et, en cas de litige, confirmées dans les délais légaux (3 jours en France, hors dimanche et jours fériés, par lettre recommandée).
Carnet TIR : document douanier qui permet de traverser plusieurs pays sans dédouaner à chaque frontière.
5. Réglementation
Licence de transport : autorisation d’exercer délivrée en France à l’entreprise : licence de transport intérieur, ou licence communautaire pour le transport international et le cabotage.
Attestation de capacité professionnelle : diplôme ou certificat obligatoire pour le gestionnaire de transport d’une entreprise.
FIMO et FCO : la FIMO (formation initiale minimale obligatoire) est exigée pour devenir conducteur professionnel. La FCO (formation continue obligatoire) doit être renouvelée tous les 5 ans.
Temps de conduite et de repos : règles européennes qui limitent la conduite à 9 heures par jour (10 heures deux fois par semaine), 56 heures par semaine et 90 heures sur deux semaines. Une pause de 45 minutes est obligatoire après 4 h 30 de conduite, et le repos journalier est de 11 heures (réductible à 9 heures sous conditions).
Tachygraphe : appareil embarqué qui enregistre la conduite, les pauses et les repos du conducteur. Les modèles intelligents (V1, puis V2) y ajoutent la géolocalisation.
Règles de cabotage : dans l’Union européenne, un transporteur non résident peut effectuer jusqu’à 3 opérations de cabotage en 7 jours après un transport international, puis il doit respecter une période de carence de 4 jours avant de recommencer dans le même pays.
Détachement : situation d’un conducteur salarié d’une entreprise étrangère qui travaille temporairement dans un autre État. Des règles de rémunération et de déclaration s’appliquent.
ADR : accord européen relatif au transport de marchandises dangereuses par route. Il impose un étiquetage, une signalisation, des documents et une formation spécifique du conducteur.
ATP : accord qui fixe les normes des véhicules et équipements destinés au transport de denrées périssables sous température dirigée.
ZFE (zone à faibles émissions) et Crit’Air : périmètres urbains où l’accès est restreint selon la classe de la vignette Crit’Air (de 1 à 5) du véhicule.
Transport exceptionnel : transport dont les dimensions ou le poids dépassent les limites réglementaires. Il exige une autorisation préalable et, selon les cas, un itinéraire imposé et un convoi d’accompagnement.
6. Incoterms
Incoterms : règles de la Chambre de commerce internationale (version en vigueur : Incoterms 2020) qui précisent, dans une vente internationale, qui paie le transport et l’assurance et à quel moment les risques passent du vendeur à l’acheteur.
EXW (Ex Works) : le vendeur met la marchandise à disposition dans ses locaux. L’acheteur assume tout le reste.
FCA (Free Carrier) : le vendeur remet la marchandise au transporteur désigné par l’acheteur, à un lieu convenu.
DAP (Delivered at Place) : le vendeur livre à l’endroit convenu, sans déchargement ni dédouanement à l’import.
DDP (Delivered Duty Paid) : le vendeur supporte l’ensemble des coûts et des risques jusqu’à la livraison, droits et taxes d’importation compris. C’est la règle la plus contraignante pour le vendeur.
📐 Schéma suggéré : frise horizontale « du vendeur à l’acheteur » avec, pour chaque Incoterm, le point de transfert des risques et des coûts.
7. Tarification et coûts
Coût de revient kilométrique : coût total du véhicule (conducteur, carburant, péages, entretien, pneus, assurances, amortissement) divisé par les kilomètres parcourus. Il sert de base au calcul du prix de vente.
Indexation gazole : mécanisme qui ajuste le prix du transport selon l’évolution du prix du carburant. Il est obligatoire en France pour les contrats de transport de plus de trois mois.
Poids taxable : poids sur lequel porte la facturation, comparé entre poids réel et poids volumétrique. Les coefficients de conversion varient selon les transporteurs et les contrats : à vérifier dans les conditions tarifaires.
Franco de port : le fournisseur prend en charge le transport au-delà d’un montant minimal de commande. Port payé : le transport est facturé à l’expéditeur. Port dû : le transport est payé par le destinataire.
Immobilisation / temps d’attente : indemnité facturée lorsque le véhicule attend au chargement ou au déchargement au-delà du temps prévu.
Retour à vide : trajet de retour du véhicule sans marchandise. C’est l’un des principaux postes de perte de rentabilité.
8. Logistique et entrepôt
Supply chain (chaîne logistique) : ensemble des flux physiques, d’informations et financiers, de l’approvisionnement jusqu’au client final.
Rupture de charge : opération consistant à décharger puis recharger une marchandise lors d’un changement de véhicule ou de mode.
Cross-docking : technique qui consiste à transférer les marchandises du quai de réception vers le quai d’expédition sans stockage intermédiaire.
WMS (Warehouse Management System) : logiciel de gestion d’entrepôt (réception, stockage, préparation de commandes). TMS (Transport Management System) : logiciel de gestion du transport (planification, suivi, facturation).
Picking : préparation de commande, c’est-à-dire le prélèvement des articles en stock pour constituer une expédition.
EDI : échange de données informatisé entre systèmes (commandes, avis d’expédition, factures) sans ressaisie.
Logistique inverse : gestion des flux de retour (retours clients, emballages, recyclage).
9. Indicateurs de performance
OTIF (On Time In Full) : part des livraisons effectuées à l’heure et complètes. C’est l’indicateur de référence de la qualité de service.
Taux de remplissage : part de la capacité du véhicule effectivement utilisée (poids, volume ou mètres linéaires).
Délai (lead time) : temps écoulé entre la commande et la livraison.
Taux de litiges : part des livraisons faisant l’objet de réserves, de dommages ou de manquants.
10. Exercices d’application (avec corrigés)
Six exercices pour vérifier vos acquis. Les chiffres sont fictifs et simplifiés : ils servent à s’entraîner, pas à tarifer un transport réel.
Exercice 1 – Charge utile et palettes. Un ensemble articulé a un PTAC de 40 t et une tare de 14,5 t. Il transporte des palettes Europe de 800 kg chacune. Quelle est la charge utile ? Combien de palettes peut-il charger ?
Exercice 2 – Temps de conduite. Un conducteur a roulé 4 h 30 sans interruption. Quelle pause doit-il prendre ? Combien de temps peut-il encore conduire dans la journée, sans dérogation ?
Exercice 3 – Cabotage. Un transporteur polonais décharge complètement un transport international à Strasbourg le lundi. Combien d’opérations de cabotage peut-il réaliser en France, et dans quel délai ? Que se passe-t-il ensuite ?
Exercice 4 – Incoterms. Un vendeur de Strasbourg vend des marchandises en DAP Genève. Qui paie le transport principal ? Qui décharge le camion ? Qui s’occupe du dédouanement à l’importation en Suisse ?
Exercice 5 – Coût de revient. Un camion coûte 150 000 € par an pour 100 000 km parcourus. Il fait un aller-retour Strasbourg–Lyon (on retient 500 km par sens), avec un retour à vide. Quel est le coût de revient du trajet ? Quel prix de vente faut-il appliquer pour une marge de 8 % ?
Exercice 6 – Indicateurs. Sur 200 livraisons du mois, 190 sont arrivées à l’heure, 180 étaient complètes et 170 étaient à la fois à l’heure et complètes. Calculez l’OTIF. Un véhicule a chargé 24 palettes sur 33 possibles : quel est son taux de remplissage ?
Corrigés des exercices :
Corrigé exercice 1: charge utile = 40 − 14,5 = 25,5 t. Par poids, 25,5 ÷ 0,8 = 31,9, soit 31 palettes. Le plancher en accepterait 33, donc c’est le poids qui limite le chargement, pas la place.
Corrigé exercice 2: il doit prendre une pause d’au moins 45 minutes, fractionnable en une première pause de 15 minutes puis une seconde de 30 minutes. La limite journalière est de 9 heures : il lui reste 4 h 30 de conduite.
Corrigé exercice 3: il peut réaliser 3 opérations au maximum, achevées dans les 7 jours suivant le déchargement. Il doit ensuite respecter une période de carence de 4 jours avant de refaire du cabotage en France avec le même véhicule.
Corrigé exercice 4: le vendeur organise et paie le transport jusqu’au lieu convenu à Genève. Le déchargement est à la charge de l’acheteur (c’est ce qui distingue le DAP du DPU, où le vendeur décharge). Le dédouanement à l’import revient aussi à l’acheteur, contrairement au DDP.
Corrigé exercice 5: coût kilométrique = 150 000 ÷ 100 000 = 1,50 €/km. Le trajet fait 2 × 500 = 1 000 km, soit 1 000 × 1,50 = 1 500 €. Avec 8 % de marge : 1 500 × 1,08 = 1 620 €. Si le retour à vide est évité grâce à un fret retour, le coût de l’aller se partage et le prix de l’aller peut baisser.
Corrigé exercice 6 : l’OTIF ne compte que les livraisons qui cumulent les deux critères : 170 ÷ 200 = 85 %. Taux de remplissage (en places) = 24 ÷ 33 = 72,7 %.
À retenir
Ce glossaire du transport routier est un point de départ : chaque notion est rattachée à un cas concret pour faciliter la révision des cours de transport et de logistique. Pour approfondir, consultez les textes officiels sur Légifrance et le site du ministère chargé des Transports.
Pour aller plus loin : sources et ressources officielles
- ICC – Incoterms 2020 : la page de la Chambre de commerce internationale, qui publie les règles.
- Convention CMR, texte en français (UNIDROIT) : le texte intégral de la convention de 1956.
- IRU – e-CMR, la lettre de voiture électronique : l’article de l’Union internationale des transports routiers sur la version digétale de la CMR.
- Règlement (UE) 2020/1054 sur les temps de conduite et de repos : texte européen hébergé par la DREAL Nouvelle-Aquitaine.
- Weblex – Transporteurs : ce qu’il faut savoir sur le cabotage : fiche pratique sur les règles de cabotage en France.
- Préfecture de Normandie – contrôles du repos des transporteurs routiers (juin 2026) : communiqué officiel qui rappelle les règles de cabotage et de repos.